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Images d'Ostende, Henri Storck, 1929
Monsieur Fantômas, Ernst Moerman, 1937
Il ne faut JAMAIS croire avoir tout vu. Petit bonheur, petit plaisir de vacances : la découverte dans un bel
objet édité par la Cinémathèque Royale de Belgique d'une poignée de courts métrages surréalistes, dont certains sont d'une beauté violemment époustouflante. Évidemment, comme toujours avec le
cinéma expérimental, il y a des écueils, des maladresses, des choses tentées mais ratées ; ça n'est pas grave. Ce qui compte vraiment, c'est que ces pelloches ont quatre-vingts ans et qu'elles
sont toujours incroyablement fraîches.
Images d'Ostende, qui ouvre cette collection, m'a semblé le plus beau du lot, mais sans doute est-ce celui qui m'a le plus surpris parce que c'est le premier que j'ai regardé. C'est un travelogue au premier abord tout simple, mais monté avec une précision rythmique épatante et des cadrages occasionnellement fantaisistes, pour un résultat de pur cinéma sensoriel, énergétique, qui fait ressentir presque physiquement la puissance de la houle.
Monsieur Fantômas, l'autre sommet du recueil, est une oeuvre de fiction, encore que narrée de manière tout sauf ordinaire, jouée par Léon Smet père de Dieu, dont les images rappellent un
peu les collages de Max Ernst ou certaines compositions de Magritte (parce que je n'ai pas d'autre référence en matière de surréalisme belge, pardon) dans leur manière de juxtaposer des choses
qui n'ont rien à faire ensemble - une baignoire sur une plage, par exemple. Ça ressemble BEAUCOUP à ce que Jean Rollin (merde, Jean Rollin !) fera trente ans plus tard, ce qui, écrit par
moi, est un compliment.
Une chose amusante à la vision de ces films dits d'avant-garde, c'est de constater à quel point cette idée d'avant-garde, de modernité, finalement, est une idée ancienne. La modernité date d'avant le classicisme parce que le classicisme c'est les années 40-50. Sans doute cela s'explique par le fait que le cinéma avait d'abord besoin de se trouver une identité propre, une pureté cinématographique, débarrassée des arts antérieurs, et qu'une fois cette singularité trouvée, il lui a été possible d'abandonner sa virginité pour intégrer la littérature et l'opéra.
Aujourd'hui encore, si un cinéaste filmait à la manière de ces bobines antiques (ou de celles, contemporaines, de Man Ray ou Marcel L'Herbier), il serait reçu soit avec mépris (Jean Rollin, j'insiste : César 2010 des nécros les plus répugnantes de condescendance) soit avec un enthousiasme un rien démesuré si l'on considère que cette modernité est pas loin de centenaire ; ça rend humble.
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D'après la photo de l'article, je rajouterait un petit côté Paul Delvaux (Belge) et Chirico. Existe-il un site ou on peut les voir ? Si non tous du moins certains.
Je ne connaissais pas Delvaux mais oui, il y a un peu de cette ambiance-là dans ce Fantômas. Merci pour la découverte. Monsieur Fantômas est sur Dailymotion, je n'ai pas vérifié pour les autres. Ceci-dit l'édition DVD est vraiment belle et peut mériter l'achat si on est amateur de ce type de cinoche. Tout n'est pas facile-facile dessus mais ça reste une vraie curiosité.