Samedi 20 août 2011 6 20 /08 /Août /2011 22:48

Rise of the Planet of the Apes, Rupert Wyatt, 2011

 

Rise of the Planet of the Apes est un beau film de science-fiction parce qu'il part d'un postulat scientifique pour disserter sur la morale et créer de la poésie. C'est un beau film tout court parce qu'il est l'oeuvre de gens qui croient que leur public est intelligent (ils ont raison même s'ils ont tort), qui croient que les amateurs de blockbusters ont aussi droit à la beauté et l'intelligence.

planet-apes.jpgLe petit miracle du film tient dans le fait que, même si c'est un long-métrage très technique, bourré d'images de synthèse et de vues carte postale, il n'abandonne pas les acteurs au profit du visuel, cassant le poncif pénible qui voudrait que les deux soient inconciliables. James Franco est formidable mais c'est surtout le vétéran John Lithgow qui bouleverse : toujours la posture juste, jamais un mouvement de ride en trop. Regarder John Lithgow jouer c'est apprécier quarante ans de métier. Tout juste au milieu de ce cast parfait trouvera-t-on Brian Cox un poil moins génial que d'habitude mais, comme d'habitude c'est Dieu sur Terre, ça n'est pas bien grave. Et puis il y a Andy Serkis et ses copains simiesques, qui bénéficient des innovations technologiques pour inventer un truc formidable et émouvant, un objet virtuel qui joue, quelque chose qui est trop neuf encore pour ne pas perturber un peu. Effacé, mais pas totalement, juste assez pour n'être pas reconnaissable, derrière ce corps virtuel, Serkis laisse place à la seule chose qui compte : le personnage ; et c'est bouleversant, pleurer pour des singes numériques.

Curieusement, cette splendeur s'inscrit totalement hors de la politiques des auteurs, celle à laquelle sont généralement réservés les grands films. Le réalisateur, Rupert Wyatt, à peu près inconnu (un seul film avant celui-ci, sorti directement en DVD par chez nous), filme avec une belle application, mais sans montrer de style réel ; le duo de scénaristes, qui n'avait rien fait depuis Relic (ça fait quinze ans), livre un script plein de bonnes idées, mais formellement très classique, sans artifice narratif aucun. Et pourtant, malgré cet anonymat relatif, cette apparente banalité, le résultat est extrêmement singulier et sans cesse surprenant.

Par Scritch - Publié dans : Fleur Bleue
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